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Newsletter N° 4

01-02-2009

EDITORIAL

Editorial du mois de février 2009
L'avenir des établissements scolaires français en Tunisie

 
 "l’inquiétude de la communauté française de Tunisie quand à l’avenir des établissements scolaires français et notamment le financement de la gratuité, par Yann LE DORNER".

A ce sujet « Français de Tunisie –Agir Ensemble » a remis un courrier à Monsieur Xavier Darcos, Ministre de l’Education Nationale  lors de sa visite en Tunisie le 8 février dernier (cliquer ici


A la demande de beaucoup d'entre vous, nous vous proposons un article sur la fiscalisation des retraites des ressortissants français résidant en Tunisie

Vous découvrirez également une nouvelle mise en page de notre rubrique « vivre en Tunisie » et une sous-rubrique à consulter absolument  « les maisons d’hôtes en Tunisie ».
Mais surtout n’oubliez pas le 8 mars 2009 ! notre association organise une exposition/vente  à l’espace Virgile de l’Hôtel Golden Tulip à Gammarth, de 10h à 18h. Nous vous y attendons nombreux pour vous rencontrer.

Gloria Giol
Présidente de l'Association "Français de Tunisie - Agir Ensemble"
www.francaisdetunisie.com

 


"Gouverner, c'est prévoir."

Émile de Girardin

 
«  La loi souveraine de tout bon gouvernement est le bien public. Le meilleur des gouvernements est celui qui fait le plus grand nombre d'heureux. »
 
                                                                          Diderot


Si ces propos sont justes, alors nous sommes fort mal gouvernés. Qu'on en juge sur pièce : observons l'état du réseau d'éducation français en Tunisie et réfléchissons à son avenir. On découvrira à quel point l'imprévoyance de nos élus est en train de faire le lit du malheur public.

Le président Nicolas Sarkozy avait promis la gratuité scolaire pour tous les enfants français scolarisés à l'étranger dans le réseau AEFE. Il l'a fait, du moins en partie. La mesure concerne les élèves de terminale depuis l'an passé, elle s'étend aux premières depuis cette année, elle s'étendra aux secondes l'an prochain et devrait concerner progressivement tous les niveaux. Qu'on s'en réjouisse : cette belle idée permet d'élargir l'école publique, laïque et gratuite à tous nos concitoyens, mêmes ceux qui ont fait le choix de l'expatriation. 

Hélas ! Cette gratuité a un coût.  14,8 millions d'euros l'an passé ; 30,5 millions cette année ; 54,2 millions l'an prochain ; 85,3 dans deux ans ; 224 dans cinq ans ; 713 millions d'euros dans dix ans !Or, aucun financement n'a été prévu au-delà de l'année prochaine

L'AEFE (Agence pour l'Enseignement Français à l'Etranger) doit donc se débrouiller avec ce fait du Prince. La question est : comment ?

Avant la mesure, l'AEFE témoignait d'un sous-financement chronique.En Tunisie, les locaux de la plupart des établissements souffrent de vétusté (l'école Marie Curie de Tunis a dû être évacuée car elle menaçait de s'écrouler sur les enfants) ; l'espace est insuffisant (au collège de Sousse, au lycée Pierre Mendès France de Tunis les élèves doivent s'entasser dans des salles inadaptées aux effectifs ; à l'école Robert Desnos et au lycée Gustave Flaubert de La Marsa, l'emploi des bâtiments est saturé). Pourtant les effectifs ne cessent d'augmenter : 6% pour la rentrée 2008.

La gratuité sans financement s'apparente à un véritable coup de grâce. Comment l'AEFE pourrait-elle assumer 713 millions d'euros de dépenses supplémentaires alors que son budget actuel de 518 millions ne lui permet déjà pas d'entretenir ses locaux comme il le faudrait ? Face à cette impasse, des mesures à courte vue sont prises ; elles sont néfastes et dérisoires. L'AEFE projette de fermer des établissements, de remplacer les professeurs titulaires français par des contrats locaux sans diplômes équivalents et de revoir à la baisse un investissement immobilier déjà insuffisant. L'Etat a l'intention de demander l'aumône aux entreprises, sous la forme d'associations charitables, dîtes d’intérêt public, pour « sauver l’école ».

Une éducation gratuite à l'enseignement démonétisé, dans des locaux à la viabilité incertaine, est-ce là l'avenir que nous destinons à nos enfants ? Est-ce là le futur des Français de l'étranger ?

J'invite mes concitoyens à faire entendre leur voix. Soutenons le principe d'une école laïque et gratuite, mais pas au détriment des élèves. Invitons nos élus à prendre leurs responsabilités : il faut pérenniser le financement, sans mettre en péril la qualité de l'enseignement ni les conditions de sécurité, de viabilité des lieux où nos enfants séjournent une partie de leur vie.


Yann LE DORNER
Professeur de philosophie au lycée Gustave Flaubert
Trésorier de l'association « Français de Tunisie – Agir ensemble »

 


 




 

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Publié le: 2009-04-05 (93 lectures)


 

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